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Novembre 2009 : Requiem de Fauré et musique française

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Ce concert a eu lieu le samedi 14 et diman­che 15 novem­bre 2009 en l’église de Saint-Étienne-du-Mont.

Le pro­gramme était consa­cré à la musi­que reli­gieuse fran­çaise du XIXe et XXe siè­cles :

Yann Toussaint, bary­ton
Tania Chauche, Soprano
Vincent Warnier, orgue
Chœur d’Oratorio de Paris
Direction : Jean Sourisse

Quelques mots sur le concert

Un an après son concert Fauré - Franck - Poulenc, le Chœur d’Oratorio reve­nait sur ce réper­toire essen­tiel de la musi­que reli­gieuse fran­çaise des XIXe et XXe siè­cle.

Le Requiem de Fauré est cer­tai­ne­ment l’œuvre de musi­que reli­gieuse fran­çaise la plus connue et jouée dans le monde, un peu comme Carmen pour l’opéra fran­çais. Savez vous par exem­ple qu’il est joué tous les ans à Horishima dans le cadre d’un concert pour la paix ? Cette œuvre doit cette popu­la­rité a ses qua­li­tés uni­ques de recueille­ment, de sim­pli­cité, ses mélo­dies péné­tran­tes, et son har­mo­nie sub­tile qui varie cons­tam­ment les éclairages.

Il noua a paru inté­res­sant de cou­pler le requiem à d’autres œuvres moins connues, mais situées très clai­re­ment dans la même lignée.

Camille Saint-Saëns, tout d’abord, qui fut le pro­fes­seur de Gabriel Fauré, le lança dans la car­rière d’orga­niste, et resta son ami toute sa lon­gue vie. Il joua un rôle essen­tiel dans la renais­sance de la musi­que fran­çaise, en par­ti­cu­lier en fon­dant la Société Nouvelle de Musique, dont Fauré fut le secré­taire. Ses motets mon­trent un grand souci de sim­pli­cité et de clarté, tout en déployant des cou­leurs très variées.

Après l’avoir entendu à l’orgue de la Madeleine, Franz Liszt décrit Saint-Saëns comme "le meilleur orga­niste du monde". Vincent Warnier nous le rap­pel­lera en inter­pré­tant la très vir­tuose trans­crip­tion de la Danse Macabre faite par l’orga­niste Edwin Lemare. Les sono­ri­tés de l’orgue riva­li­sent avec celle d’un orches­tre pour nous faire entrer dans la folie électrisante de cette danse. On y notera l’usage d’un thème du requiem gré­go­rien, le Dies Irae, uti­lisé de manière iro­ni­que sur un mode dan­sant.

Autre grand orga­niste, Jean Langlais est connu sur­tout pour son œuvre pour orgue. Il a pour­tant écrit de nom­breu­ses œuvres pour chœur de très grande qua­lité. Sa Missa in Simplicitate est bien dans l’esprit des œuvres pré­cé­den­tes, avec l’accent mis sur le recueille­ment, le chœur de fem­mes déployant des mélo­dies d’abord très sobres, puis de plus en fou­gueu­ses pen­dant que l’orgue les éclaire avec des har­mo­nies flam­boyan­tes.

Francis Poulenc a écrit des pages parmi les plus essen­tiel­les de la musi­que reli­gieuse du XXe siè­cle. Ses Quatre Petites Prières de Saint François d’Assise, écrites pour le chœur de moi­nes fran­cis­cain de Champfleury, démon­trent à la fois une grande expres­si­vité et une grande richesse har­mo­ni­que, sans que la musi­que n’écrase jamais les paro­les.

Le mot de Jean Sourisse

Il aura fallu près d’ un siè­cle pour que la Musique Sacrée Française se remette du désas­tre que fut pour elle la Révolution, et retrouve enfin ses Lettres de Noblesse. C’est avec GOUNOD, puis FAURE et SAINT-SAËNS qu’ un vrai renou­veau va voir le jour ; et à leur suite, ces génies que furent POULENC, MESSIAEN, DURUFLE, et le grand Jean LANGLAIS, si peu connu, hélas ! Ces concerts vou­draient mon­trer un aperçu des chefs-d’œuvre lais­sés par ces grands Créateurs.

Jean Sourisse

Fauré a dit à propos de son requiem :

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Gabriel Fauré

Mon Requiem, on a dit qu’il n’expri­mait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une ber­ceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une déli­vrance heu­reuse, une aspi­ra­tion au bon­heur d’au-delà, plu­tôt que comme un pas­sage dou­lou­reux...

Mon Requiem a été com­posé pour rien... pour le plai­sir si j’ose dire... Peut-être ai-je ainsi, d’ins­tinct, cher­ché à sor­tir du convenu, voilà si long­temps que j’accom­pa­gne à l’orgue des ser­vi­ces d’enter­re­ment ! J’en ai par-des­sus la tête. J’ai voulu faire autre chose...