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Maurice Duruflé (1902-1986)

dimanche 17 novembre 2019, par Philippe Torrens

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Maurice Duruflé offre une bonne illus­tra­tion des che­mins inat­ten­dus que peut pren­dre la créa­tion musi­cale : ce com­po­si­teur du 20e siè­cle emploie la plu­part du temps des thè­mes gré­go­riens, qui remon­tent donc au haut Moyen Âge, et son ima­gi­na­tion a réussi à élaborer à par­tir de ce maté­riau très ancien une œuvre ori­gi­nale appré­ciée dans le monde entier.

Elle échappe com­plè­te­ment à la vision his­to­ri­que sché­ma­ti­que si répan­due jus­que vers 1980 et même plus tard. On repré­sen­tait alors sou­vent l’évolution musi­cale comme un pro­ces­sus linéaire menant à la mise au point du sys­tème tonal vers la fin du 17e siè­cle, à sa pro­gres­sive dis­so­lu­tion avec Wagner, Schönberg et son conti­nua­teur Boulez, puis à la com­po­si­tion avec des bruits et avec des sons pro­duits électroniquement.

La réa­lité est venue démen­tir cette vision direc­tion­nelle que contre­di­sent cer­tains des plus illus­tres com­po­si­teurs du 20e siè­cle : Bartok, Janaček, Britten, Chostakovitch, Poulenc, Mompou, pour ne citer qu’eux, sont res­tés fidè­les à la tona­lité, dont ils ont fait un usage sou­ple et ils ont com­posé pour les ins­tru­ments tra­di­tion­nels et pour la voix, sans se sou­cier des nou­vel­les sour­ces sono­res que le pro­grès tech­ni­que offrait. Tel est aussi Maurice Duruflé.

Le compositeur

La vie de Maurice Duruflé se confond avec son acti­vité musi­cale d’orga­niste (à Saint-Étienne-du-Mont depuis 1930, en solo ou avec son épouse Marie-Madeleine), et de com­po­si­teur.

Né en 1902 à Louviers, près de Rouen, il étudie l’orgue et le piano d’abord auprès de Jules Haelling, orga­niste de la cathé­drale de Rouen et il fait par­tie de la maî­trise de la cathé­drale. Il com­plète ensuite sa for­ma­tion à Paris, pour l’orgue avec Eugène Gigout et Charles Tournemire, et pour la com­po­si­tion, au Conservatoire de Paris où il est mar­qué par l’ensei­gne­ment de Paul Dukas. Il devient en 1927 assis­tant de Louis Vierne à l’orgue de Notre-Dame de Paris.

Il est dès cette époque fas­ciné par le chant gré­go­rien dont les moi­nes de Solesmes res­sus­ci­tent alors l’inter­pré­ta­tion. D’autres grands orga­nis­tes avant lui (Charles-Marie Widor et son maî­tre Charles Tournemire) y ont trouvé leur ins­pi­ra­tion, mais Maurice Duruflé est sans doute celui qui en est le plus impré­gné et une de ses pre­miè­res œuvres, datant de 1930, est un Prélude, ada­gio et cho­ral varié sur le thème du Veni Creator.

Son cata­lo­gue ne com­prend que qua­torze opus, mais tous d’une grande den­sité et très tra­vaillés dans le détail. Il a, bien sûr, com­posé pour l’orgue (Suite op. 5, en 1933), pour l’orches­tre (Trois dan­ses op. 6, en 1938 ; Andante et scherzo, en 1951) et pour chœur a cap­pella (Quatre Motets op. 10, en 1960 ; Notre père, op. 14, en 1876) ; la Messe cum jubilo op. 11, en 1966, est écrite pour bary­ton solo et chœur de bary­tons à l’unis­son accom­pa­gnés par l’orgue et, éventuellement, par l’orches­tre.

Le Requiem op. 9, com­posé en 1946, est son œuvre la plus lon­gue et la plus connue.



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