Altiste renommé (il joue dans le fameux quatuor Joachim, puis dans l’English String Quartet) et chef d’orchestre, il possède une connaissance très précise des instruments et de leur possibilités, ce dont le meilleur témoignage est le poème symphonique The Sea (1910) qui fit une très grande impression sur le tout jeune Britten. Le Sextuor à cordes (1906-1912) constitue un autre sommet de sa première période.
Extrait de The Sea
Puis Bridge se rapproche de la modernité continentale : il admire particulièrement Bartok et Berg, mais gardera toujours des réticences face à Schoenberg, qu’il juge trop théorique. Lui-même se refuse à introduire dans sa musique tout élément qui ne servirait pas exactement ce qu’il a envie d’exprimer et s’efforce d’atteindre une adéquation aussi grande que posssible entre ce qu’il imagine et ce qu’il écrit. Il enseignera ces exigences à son jeune élève Benjamin Britten.
Sa musique est marquée par la rigueur de la construction aussi bien que du détail et manifeste une continuelle évolution. Entre 1914 et le début des années 20, son langage harmonique et mélodique devient plus âpre, dans des œuvres pour orchestre comme Summer (1914-15) et les Deux Poèmes (1916), et dans le 2e Quatuor à cordes (1915).
2e quatuor
Les années 20 le voient adopter un tournant plus radical, qui éloigne de lui son public habituel. Ces œuvres-là comptent en revanche parmi celles qui sont les plus appréciées aujourd’hui. Parmi ses plus belles réussites, les 3e et 4e quatuors à cordes (respectivement de 1926 et1937), le trio à cordes (1928), la pièce pour orchestre Enter Spring (1927), Oration (1930) pour violoncelle et orchestre, et Phantasm (1931) pour piano et orchestre.
extrait de Oration
L’œuvre de Bridge est relativement peu abondante, mais sa densité et son originalité, qui la distingue du style "pastoral" anglais des imitateurs de Vaughan-Williams, lui valent une estime grandissante des interprètes et du public.

