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Danse Macabre de Saint-Saëns

Inspiré d’un poème d’Henri Cazalis, sur le­­quel Camille Saint-Saëns avait com­posé une mélo­­die, cette œuvre aujourd’hui si popu­laire, fut accueillie, au soir de sa créa­tion, par des sif­flets aussi sévè­res qu’inat­ten­dus. Liszt en réa­lisa peu après une trans­crip­tion pour piano.

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La musi­que suit le poème ponc­tué de ses fameux « zig et zig et zag » : minuit sonne au cime­tière. La mort sai­sit son vio­lon et de son talon, frappe en cadence sur une tombe. Celle-ci s’ouvre, lais­sant appa­raî­tre les sque­let­tes qui, au son d’un air lugu­bre de la Mort, se met­tent bien­tôt à dan­ser sur un rythme endia­blé. L’on entend alors cla­quer les os.

Mais le coq chante, tout le monde fuit, et, en hâte, la réu­nion maca­bre rega­gne son tom­beau. On entend les douze coups de minuit lors­que la Mort accorde son vio­lon.

Suit une valse lente dans laquelle s’insère une variante iro­ni­que du Dies irae, puis jaillis­sent les cli­que­tis des sque­let­tes qui s’entre­cho­quent sur un rythme infer­nal. Des sono­ri­tés sar­cas­ti­ques mènent ce sab­­bat démo­nia­que, et sou­li­gnent le carac­tère iro­ni­que de la par­ti­tion, l’une des plus réus­sies de Saint-Saëns. Lui-même en fera une auto­ci­ta­tion iro­ni­que en tête des « Fossiles » du Carnaval des ani­maux.